1. Bien des professeurs, au bout d’un certain nombre d’années s’écartent de la ligne directrice, cohérente, et traditionnelle de l’art martial développé par Gichin Funakoshi, pour adapter “à leur sauce” ce qui était “art”, philosophie et enseignement de maître à élève.
Il s’agit donc ici, dans notre propos d’un retour en quelque sorte à la réalité de la tradition du karaté en respectant la lignée historique de ses origines, mieux connues aujourd’hui qu’hier : l’Inde et le bouddhisme, la Chine, l’île d’Okinowa (les Ryu-kyu) puis, enfin, le Japon moderne (fin du XIXème sicèle) où l’art martial retrouve toute sa noblesse en touvant une partie de son corpus et de son héritage philosophique : le zen. Preuve à l’appui : l’origine des katas selon Shuri-Te, Tomari-Te et Naha-Te, respectivement des trois katas Bassaï, (Daï et Sho) pour Shuri -Te; de Jion, Jitte, Jiin pour Tomari-Te et Sochin, Nijushiho et Unsu pour Naha-Te. La formalisation deux fois millénaire du salut rituel à la japonaise, etc. induit la modestie, le regard intérieur et la méditation (mokuso)
2. Toute recherche ne peut aboutir qu’à condition de poser une question. Cette question que nous nous posons a un nom : la problématique. Or, savons-nous bien quand nous approchons le karaté-do, la voie du karaté, le chemin de l’art martial ce que nous cherchons? Il est indispensable de préciser cette quête, ce but que nous voulons atteindre, sinon nous risquons fort de ne jamais l’atteindre. Et ce but, cette quête, qui est l’objet de la recherche n’est autre que le bonheur. Le bien-être, la sérénité, la tranquillité de l’eeprit et de l’âme. Si nous cherchons autre chose : par exemple la gloire, l’argent, les honneurs, la reconnaissance, tous objets vains, passagers et illusoires; nous sommes dans l’erreur. L’art martial n’est ni une religion ni une doctrine, c’est un chemin. Un chemin qui, grâce au contrôle de soi, à la maitrise de notre esprit par notre coprs et réciproquement, nous mènera à bon port. Le destin de l’homme c’est la vie, c’est-à-dire l’accomplissement de l’être jusq’au non-être. Car il faut, en adepte de l’art martial, régler ce problème qui peut nous effaroucher, je veux dire celui de la mort, qui elle n’est rien d’autre qu’une simple disparition…notre propre disparition.